Près de neuf ans après l’incendie qui avait ravagé l’ancien CHU de Pointe-à-Pitre, la Guadeloupe s’apprête à basculer entièrement vers son nouvel hôpital de Belle-Plaine. Un chantier titanesque qui touche au but.
Le dernier acte
Le basculement du CHUG de Chauvel vers Belle-Plaine entre dans sa dernière ligne droite. La Commission départementale de sécurité s’est réunie lundi 21 septembre sur place, pour examiner les derniers points en suspens. Sous la présidence du sous-préfet de Pointe-à-Pitre, Jean-François Moniotte, ses membres ont passé en revue le compte rendu sur les normes de sécurité, puis parcouru longuement les couloirs de l’établissement pour relever les points encore sensibles.
L’enjeu est décisif : de la conclusion de la commission dépend la date du transfert de tous les malades de Chauvel à Belle-Plaine, désormais une question de semaines.
Une histoire marquée par l’incendie de 2017
Pour mesurer la portée de ce moment, il faut remonter à novembre 2017, lorsqu’un incendie avait gravement endommagé l’ancien CHU de Pointe-à-Pitre. Pendant des années, soignants et patients ont dû composer avec des locaux dégradés, des services déplacés et des conditions de travail difficiles. Le nouveau CHU était attendu comme une délivrance par toute une île.
Une ouverture progressive depuis avril
Le transfert s’est fait par étapes. Le 13 avril, le nouveau CHU a accueilli ses premiers patients pour des examens d’IRM, avec deux appareils de haute performance en 1,5 et 3 Tesla. Au départ, cinq patients environ étaient pris en charge chaque jour, avant une montée en puissance progressive.
D’autres services ont suivi. Le centre de consultation et de recherche universitaire a déménagé, accueillant notamment les consultations d’urologie et une partie de la neurochirurgie et de l’ORL. Puis, après l’imagerie, le CCRU et la radiothérapie, l’unité transversale de la drépanocytose est devenue le 4e service à s’installer à Belle-Plaine, fin juin. Un symbole fort, car cette maladie génétique du sang est particulièrement fréquente aux Antilles.
Un hôpital de pointe, des inquiétudes sociales
Le nouvel établissement offre aux patients et aux soignants des locaux neufs, plus confortables et dotés de technologies de pointe. Mais la transition suscite aussi des craintes, notamment chez les agents contractuels. Le directeur général Éric Guyader assure qu’aucune suppression de contrats n’est prévue et que l’augmentation d’activité pourrait même permettre de nouveaux recrutements. Aucun calendrier précis n’a toutefois été donné pour la régularisation des situations administratives.
Pour les usagers, la vigilance reste de mise pendant la transition : les consultations peuvent encore avoir lieu sur l’un ou l’autre site, et il faut bien lire sa convocation.
Une ambition caribéenne
Au-delà de la Guadeloupe, le nouveau CHU affiche une vocation régionale. Il devrait accueillir dès le 1er janvier 2027 des patients de Montserrat aux urgences et en soins spécialisés, dans le cadre d’un accord médical en préparation. Le Premier ministre de Montserrat, Reuben T. Meade, a visité le site cet été.
Pour la Guadeloupe, c’est bien plus qu’un déménagement : c’est la fin d’une longue période de fragilité hospitalière, et l’espoir d’un pôle de santé de référence dans toute la Caraïbe.


