Réseau France Santé : le déploiement des maisons labellisées s’accélère

Lancé à l’automne 2025, le réseau France Santé veut offrir à chaque Français une solution de soins à moins de 30 minutes. Un an plus tard, les labellisations se multiplient, mais les questions demeurent.

Une promesse simple, un chantier immense

L’idée tient en une phrase : garantir à chaque Français une offre de soins de proximité accessible à moins de 30 minutes de chez lui et sous 48 heures. Annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu le 13 septembre 2025, le projet s’inspire directement des maisons France Services, qui ont rapproché les services publics administratifs des habitants dans les territoires ruraux.

La première maison a été labellisée le 30 octobre 2025, lors d’un déplacement du Premier ministre dans la Manche. Le dispositif a ensuite été inscrit dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.

Pas de nouveaux bâtiments, mais un label

France Santé ne construit rien. Il s’appuie sur l’existant : maisons de santé, centres de santé et même certaines pharmacies peuvent obtenir le label s’ils respectent un cahier des charges national. Le label s’étend aussi aux hôpitaux de proximité et aux officines équipées de télécabines ou de médicobus.

Pour être labellisée, une structure doit notamment garantir la présence d’un médecin et d’une infirmière, proposer des consultations sans dépassement d’honoraires et participer au service d’accès aux soins, qui assure des rendez-vous en moins de 48 heures. Le cahier des charges impose aussi une ouverture cinq jours sur sept.

Où en est-on ?

Les chiffres avancent. En Nouvelle-Aquitaine, 231 structures étaient labellisées au 1er septembre 2026. En Île-de-France, 102 structures avaient déjà été labellisées dès décembre 2025. Au niveau national, 130 millions d’euros ont été alloués en 2026, avec l’objectif de 2 000 structures d’ici l’été et 5 000 d’ici 2027.

L’argent commence à arriver

Pendant des mois, les professionnels se sont interrogés sur le financement réel. La réponse est désormais connue : les maisons et centres de santé labellisés ont perçu des financements France Santé versés par l’Assurance maladie durant l’été 2026, modulés selon leur file active. Un forfait moyen d’environ 50 000 € par structure avait été évoqué.

Pour certains observateurs, l’argent n’est d’ailleurs pas le principal frein : rapporté au forfait moyen, le budget pourrait financer environ 2 600 structures. Le vrai goulet d’étranglement, ce sont les médecins.

Une gouvernance très territoriale

La labellisation reste pilotée localement : elle est assurée par les ARS, en lien avec les préfectures et les conseils départementaux. Pour les élus, le label est devenu un argument concret, notamment dans le contexte des élections municipales de 2026. Les communes facilitent, les intercommunalités portent les projets, les départements financent l’attractivité et l’ARS attribue le label.

Label de façade ou vraie révolution ?

Le dispositif n’a pas fait l’unanimité. En novembre 2025, la commission des affaires sociales du Sénat avait même voté la suppression des dispositions relatives au réseau. Les fédérations de maisons de santé soulignent qu’elles maillent déjà le territoire depuis des années, et redoutent qu’on se contente de rebaptiser l’existant.

La ministre défend l’objectif du dispositif : rendre visibles les organisations existantes, les consolider financièrement et créer des points d’accès là où l’offre est inexistante. Avec l’arrivée des docteurs juniors en novembre, France Santé pourrait enfin disposer de la ressource qui lui manquait : des médecins, justement là où il n’y en a plus.

Partager cet article